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Médiathèque départementale du Var

Conseil Gén´ral

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Boite à outils

Vous trouverez ici toutes les astuces concernant la gestion de votre bibliothèque. Vous pourrez également retrouver sur cette page des conseils pour aménager et animer votre bibliothèque.

Le rapport d’activité

Pour toutes les bibliothèques le rapport d’activité est une aide précieuse. C’est un outil pratique qui réunit dans un même document l’ensemble des activités de la bibliothèque sur une année.

Objectifs :

  • C’est un outil de communication et d’analyse. Pour les élus et les usagers, il permet de rendre compte du fonctionnement de la bibliothèque et de l’utilisation du budget. Pour l’équipe, il donne une vision globale de l’activité et valorise le travail effectué. Pour la Bibliothèque départementale du Calvados, il permet de développer les offres de service adaptées à vos besoins.
  • C’est un outil de prospective : il contribue à définir les actions à développer à la bibliothèque.

Son contenu :

Une présentation succincte de la bibliothèque :

  • Nombre d’heures d’ouverture au public sur l’année
  • Nombre d’inscrits
  • Nombre de documents
  • Nombre de prêts
  • Nombre de personnes dans l’équipe, statut et fonction de chacune
  • Nombre d’heures de travail interne

Un bilan des activités :

  • Données précises sur les lecteurs (tranches d’âges, sexe, origine géographique…), les prêts et les documents de la bibliothèque
  • Description des activités proposées par la bibliothèque (accueil de classes, groupes, participation à la vie de la commune…)
  • Formations auxquelles ont participé les membres de l’équipe

Le bilan financier :

  • Budget global ou subvention
  • Détail des recettes et des dépenses
  • Prévisions budgétaires pour l’année suivante

Les projets :

  • Les bilans et leurs analyses doivent amener l’équipe à se projeter et être force de proposition auprès des élus
  • Aidez-vous des enquêtes statistiques (BDP, Ministère de la Culture et de la Communication)
  • Pensez à collecter les informations tout au long de l’année
  • N’hésitez pas à ajouter d’autres informations et joindre des documents (articles de presse, photographies d’animations…)

Proposer des Magazines dans votre Bibliothèque

6 français sur 10 lisent régulièrement un magazine ! Magazines, revues, périodiques… quelque soit le nom qu’on leur donne, ils contribuent à donner une image moderne et attractive à la bibliothèque. Faites le choix de la presse pour dynamiser la bibliothèque !

Pourquoi proposer des revues à la bibliothèque ?

  • Les revues permettent de rendre la bibliothèque accueillante et conviviale : aménager un coin lecture dédié et confortable permettra d’attirer un large public et de le fidéliser.
  • Les revues permettent d’attirer un public différent, attiré par cette lecture rapide, ponctuelle et facile.

Comment ?

Le budget

  • Attribuer un budget à l’acquisition des revues : en moyenne 10 à 20% du budget total livres et un maximum de 30%.
  • La sélection des titres : Impliquer toute l’équipe dans la sélection des revues : achat test en Maison de la presse, lectures conjointes et décision concertée.
  • Solliciter les lecteurs afin de mieux connaître leurs souhaits et centres d’intérêt : questionnaire ou cahier de suggestions.
  • Tenir compte de l’environnement de la bibliothèque : associations culturelles ou sportives, actions menées par la commune…
  • Garder à l’esprit des préoccupations d’équilibre des sujets, des courants d’opinion, des niveaux de lecture.
  • Considérer l’abonnement comme une décision réversible et envisager l’arrêt si la revue ne rencontre pas son public !

Espaces et mise en valeur

  • Selon la surface de la bibliothèque, organiser un ou plusieurs espaces comportant fauteuils et table basse.
  • Prévoir l’acquisition de meuble pour revues ou d’étagères adaptées avec plan incliné.
  • Penser à la signalétique : « Presse », « Magazines »…
  • Ne pas hésiter à innover, à tester et à changer !
  • Ne pas oublier le désherbage ! Etablir une échéance pour chaque titre sans dépasser 2 années de conservation.

Pour en savoir plus :

  • Gérer les périodiques - Sous la direction de Géraldine Barron - Presses de l’enssib, 2008.
  • Revues et magazines - Sous la direction de Eric Peltier – Electre- Ed. du Cercle de la librairie, 2006.

Proposer des Jeux Vidéos dans votre Bibliothèque

A l'image des bibliothèques anglo-saxonnes et d'Europe du Nord, les bibliothèques françaises se lancent à leur tour dans l'aventure des jeux vidéo. Quarante ans après le lancement commercial du premier jeu vidéo, Pong, ce loisir pratiqué en France par plus de soixante-dix pour cent de la population accède à une reconnaissance sociale et culturelle. Pourquoi et comment proposer une offre et un service de jeux vidéo en bibliothèque ? Ce dossier est là pour vous guider.

Pourquoi proposer des Jeux Vidéos ?

Les jeux vidéo auront quarante ans en 2012. Leur apparition dans les bibliothèques n'est pas une nouveauté : dès le milieu des années 80, logithèques puis espaces multimédia ou numériques ont intégré ces documents d'un nouveau genre, dans la continuité de ce qui avait été fait au cours de la décennie précédente avec la musique et la vidéo.

Depuis quelques années cependant, un nouveau concept, profitant de l'essoufflement du CD-Rom et du succès commercial des consoles de jeux, a vu le jour impulsé par des bibliothèques innovantes aux Etats-Unis, Canada, Pays-Bas, France...

Si jusqu'ici les usagers se rendaient à la bibliothèque pour emprunter des livres, disques, DVD ou lire la presse, ils y viennent désormais pour passer et partager un moment agréable avec d'autres usagers. Venir jouer à la bibliothèque est donc une application concrète du concept de la bibliothèque-lieu de sociabilisation (ou bibliothèque 3e lieu).

Les jeux videos ne font plus peur

En quarante ans, les jeux vidéo ont aussi gagné en notoriété et respectabilité, passant d'une activité marginale réservée à une communauté de joueurs, les "gamers", à un loisir pratiqué par de plus en plus de personnes, toutes catégories sociales et tous âges confondus. Ceux qui ont assisté (et participé) à une séance de Wii Fit® ou de Rock Band® ne considèrent plus le jeu vidéo comme une activité suspecte voire dangereuse pour l'équilibre mental. Les jeux vidéo ont désormais leur place dans les salons, maisons de retraite et... bibliothèques !

Si leur place et intérêt en bibliothèque suscite encore des débats et craintes (risques de débordement, bruit, coût de l'installation, manque de compétence du personnel...), investir pour une bibliothèque de l'argent, du temps, de l'espace et du personnel dans une offre de jeux vidéo est un pari gagné d'avance si les enjeux sont bien compris et acceptés par les élus et professionnels :

  • Changer la perception du lieu bibliothèque et du bibliothécaire auprès du public en lui proposant une offre innovante, populaire et attractive notamment auprès des jeunes dont les adolescents difficile à attirer et retenir.
  • Proposer une offre documentaire complémentaire des livres, CD, DVD ou ressources numériques.
  • Créer du lien entre les usagers au travers de séances d'initiation ou d'animations (ateliers à thème, démonstrations, tournois...) où tous les publics de la médiathèque : jeunes, famille, seniors, abonnés et non-abonnés... peuvent être conviés.
  • Légitimer une pratique et un loisir de plus en plus répandus dans la population et dans les médias (presse, TV, radio, cinéma...). C'est aussi et surtout reconnaître une figure emblématique de la culture numérique.

Pour conclure, laissons le mot de la fin à Shigeru Miyamoto, le créateur du personnage de jeu vidéo Mario : "Les jeux vidéos sont néfastes ? C'est ce qu'ils disaient sur le rock and roll".

Mettre en place une offre de Jeux Vidéos en Bibliothèque

Vous vous sentez une âme de "biblio-gamer" ? Avant de vous lancer dans l'aventure, voici quelques conseils pour mener et réussir votre projet jeu vidéo à la bibliothèque.

CD-ROMS, jeux pour console, jeux en ligne ?

Les trois supports sont possibles. Mais il faut savoir que le marché des jeux sur CD-Rom ou DVD-Rom est en perte de vitesse au profit des jeux pour consoles ou en ligne, en téléchargement ou non.

Pret à domicile ou consultation sur place ?

Le prêt à domicile est à privilégier pour les CD-Roms dont les droits d'usage ont souvent été négociés dans ce but. Pour les jeux sur consoles, les titres proposés chez les fournisseurs sont en grande majorité destinés à la consultation sur place dans l'enceinte de la bibliothèque. Un espace doit donc être dédié à cette activité ainsi que le matériel nécessaire (consoles et accessoires) acheté.

Pour les jeux en ligne, une base de jeux jouables sur place sur des postes multimédia ou sur le site internet de la bibliothèque peut être proposée.

Quelles consoles proposer ?

Il existe actuellement sur le marché français deux types de consoles : les consoles de salon (Nintendo Wii, Microsoft Xbox 360, Sony Playstation 3) et les portables (Nintendo DS et Sony PSP).

Les consoles Wii et Xbox 360 visent un large public, l'offre de jeux couvrant tous les genres et tous les âges. On peut y jouer à plusieurs, parents et enfants par exemple. Pour la bibliothèque, cela nécessite un espace permettant les mouvements, pouvant être clos au besoin. La console PS3 touche davantage par l'offre de jeux disponibles un public adolescent et adulte, masculin. Son installation (un écran et 2 ou 3 fauteuils) requiert moins d'espace. Elle peut donc trouver sa place dans un coin -aménagé- de la bibliothèque.

Les consoles portables (DS et PSP) ne peuvent être utilisées que par un seul joueur à la fois mais on peut aussi y jouer en réseau. La DS s'adresse à tous les âges même si son public cible reste les enfants. La PSP en raison de son catalogue de jeux et de sa maniabilité plus sophistiquée s'adresse plutôt au public adolescent. Ne nécessitant pas d'installation particulière, l'utilisation de ces deux consoles en bibliothèque est donc la plus souple. Certaines bibliothèques autorisent même les usagers à venir avec leur propre console portable pour jouer aux jeux proposés par le service.

Quels jeux proposer ?

Si l'offre de jeux éducatifs doit être présente dans le catalogue proposé par la bibliothèque, elle ne doit pas être exclusive. Les jeux que le public plébiscite sont des jeux d'action, de simulation, de stratégie, d'aventure ou de réflexion. Les positions figées (et dépassées) sont donc à éviter : il n'y a pas de honte à jouer à Mario Kart ou aux Lapins crétins, même en bibliothèque ! Il faut veiller cependant à ne pas proposer de jeux trop violents (jeux de guerre ou de tir...) en se basant par exemple sur la classification Pegi.

Combien ça coûte ?

Tout dépend du choix des jeux et des consoles. Sur CD-Roms et consoles, le prix d'un jeu varie en fonction de son usage (consultation sur place ou prêt à domicile) et de sa notoriété : d'une trentaine d'euros en moyenne pour les CD-Roms à une cinquantaine d'euros pour les jeux sur consoles.

A titre d'exemple, la municipalité de Condé-sur-Noireau a déboursé pour son nouveau service de jeu vidéo à la médiathèque la somme de 2500 euros comprenant l'achat d'une Wii, d'une PS3 et de deux DS ainsi qu'un écran plasma, un vidéo-projecteur et des accessoires (manettes, casques audio, protection...). L'investissement de la BDP du Calvados pour l'achat des jeux (une quarante de titres renouvelables) a été de 2214 euros.

L’accueil des classes

Pratique très courante en bibliothèque, l’accueil de classes doit toutefois s’inscrire dans une méthodologie et dans un partenariat équilibré.

Objectifs

La réussite de toute action de partenariat exige en amont une réflexion entre la bibliothèque et l’école qui doivent fixer ensemble les objectifs et les moyens.

  • Développer le goût de la lecture
  • Apprendre aux enfants le chemin de la bibliothèque et leur donner envie de revenir individuellement
  • Découvrir le fonctionnement d’une bibliothèque afin de devenir autonome

Méthode

  • Classes accueillies : nombre et niveau…
  • Rythme d’accueil : hebdomadaire, mensuel…
  • Activités proposées
  • Moyens mobilisés : humains, collections…

Quelles classes accueillir ? Tout type de classes peut être accueilli mais il faut veiller à en limiter le nombre pour en garantir la qualité.

Formaliser le projet et le partenariat :

  • Evaluer la ressource humaine mobilisable sur le projet
  • Définir le projet et le proposer aux élus
  • Proposer le projet aux établissements scolaires (par courrier ou lors d’une rencontre)
  • Evaluer le partenariat

Des projets peuvent être proposés par les enseignants, il faudra veiller à ce qu’ils correspondent aux objectifs et aux moyens de la bibliothèque.

Quel type d'accueil proposer ?

  • La visite découverte : premier contact de présentation avec le lieu et les personnes
  • Les visites régulières : familiarisation avec la bibliothèque et les outils proposés
  • Les visites ponctuelles : une classe peut alors être associée à un projet précis ou participer à des animations évènementielles

Il faut être attentif à adapter le temps de la visite au nombre et à l’âge des enfants.

Modalité de prêt

  • Eviter le prêt systématique
  • Faire un prêt collectif sous la responsabilité de l’établissement scolaire
  • Définir une limite de nombre et de durée

A retenir

L’accueil de classe ne doit pas être la seule animation de la bibliothèque et ne doit pas se limiter à la seule activité de prêt.

Pour en savoir plus : le voyage-lecture. Véronique-Marie Lombard, Cercle de la Librairie, 2003

Le désherbage en Bibliothèque

L’emprunt du mot désherbage au langage du jardinier n’est pas innocent : « une bibliothèque est un jardin, enlever les mauvaises herbes et on pourra découvrir les fleurs qui y poussent ». Il s’agit de faire un tri dans les collections afin de garantir la vitalité de la bibliothèque.

Chaque bibliothèque se doit d'offrir à son public l'envie de lire et de lui fournir des informations exactes et actualisées.

Le désherbage ne rime pas uniquement avec destruction mais au contraire avec la valorisation des documents et l’apport de nouveautés par les prêts de la BDP et les achats.

Pourquoi doit-on faire du desherbage en bibliothèque ?

  • 1. Veiller à l’état physique du livre :
    • Les livres abîmés n’incitent pas l’usager à les emprunter et à en prendre soin
    • Tout livre présentant des tâches dues à l’humidité sont à retirer sous peine de contaminer les autres ouvrages
    • Une présentation (couverture, mise en page…) démodée n’attire pas le lecteur
  • 2. Veiller à la fiabilité des informations :
    • Offrir une collection de documentaires dont les informations sont fiables et actualisées
  • 3. Eviter l'encombrement des rayonnages
    • Limiter l’occupation des étagères à 70 % pour faciliter l’emprunt et le rangement
    • Permettre la mise en valeur des livres

Méthode

Le désherbage doit être un projet d’équipe validé par les élus. Chaque responsable, bénévole ou salarié doit être convaincu du bien fondé de l’opération et en être partie prenante. La BDP peut vous apporter du conseil.

Critères de retrait

  • L’état matériel des documents : les livres usés, jaunis, déchirés, crayonnés, salis, scotchés, ayant des pages manquantes doivent être retirés ainsi que les CD et DVD illisibles
  • La date d’édition : les livres, en particulier les documentaires et les revues, dont le contenu est périmé
  • Les documents en plusieurs exemplaires
  • Les documents qui ne sont pas sortis depuis plusieurs années deviennent parasites, ils prennent de la place et lassent le public
  • Des documents qui ne trouveront pas leur public

Pour retenir facilement ces critères, la BPI (Bibliothèque Publique d’Information à Paris) a établi la grille IOUPI :
I incorrect, fausse information
O ordinaire, superficiel, médiocre
U usé, détérioré, laid
P périmé
I inapproprié, ne correspond pas au fonds

Modalité administratives

  • Le désherbage étant une élimination de biens publics, il est nécessaire de prendre une délibération municipale indiquant les critères d’élimination jusqu’à la destination des documents retirés.
  • Supprimer la notice d’exemplaire du catalogue informatisé ou mentionner « livre pilonné le… » sur le registre d’inventaire et rayer le numéro d’inventaire.
  • Rayer les estampilles de la bibliothèque et y inscrire « supprimé » ou arracher la couverture si le livre n’est pas destiné à un autre usage.
  • Dans certains cas, la bibliothèque peut vendre les livres mais cela doit être approuvé par la collectivité et nécessite de mettre en place une régie. Attention, il est indispensable de détruire les documents abîmés et obsolètes (pensez au recyclage). Communiquer, une nécessité !

La communication de cette action ne doit pas être négligée. Il est important de savoir répondre aux éventuelles questions du public et des élus, d’être capable d’expliquer cette démarche.

Pour en savoir plus : "Bon débarras". Livres Hebdo n° 857, p.46 et Desherber en bibliothèque. Françoise Gaudet, Cercle de la librairie, 1999